Svalbard : l'Europe près du pôle

Camp de réfugiés au Svalbard : le vrai du faux

Six mois après la proposition de plusieurs partis norvégiens, le projet d’accueil de réfugiés au Svalbard reste lettre morte. D’où vient l’idée farfelue d’un camp de réfugiés au pôle Nord ? Retour sur un emballement médiatique.

Septembre 2015  « Le Green Party accueille chaleureusement les migrants sur un archipel glacé », « Des politiques norvégiens proposent de mettre les réfugiés au Svalbard » : en pleine crise migratoire, le Svalbard, archipel norvégien tout près du pôle Nord, fait la une de plusieurs journaux européens. La nouvelle d’un camp de réfugiés est relayée, alors que la nuit polaire tombe sur l’archipel : « Le parti vert envisagerait la possibilité de construire un centre d’accueil dans la région pour accueillir les réfugiés », annonce Vice News le 15 septembre.

D’où vient l’idée d’un camp de réfugiés au Svalbard  ?

En mai 2015, le leader d’un parti d’extrême droite norvégien propose d’envoyer les réfugiés de Norvège au Svalbard. « Si la Norvège accueille 10 000 réfugiés dans les deux années à venir, alors nous pouvons ouvrir un camp d’accueil au Svalbard », argumente Christian Eikeland, cité par le média norvégien The Nordic Page. Une solution « temporaire » en attendant que d’autres villes norvégiennes puissent les accueillir.

En septembre 2015, le chef du Green Party au Svalbard, Espen Klungseth Rotevatn, se déclare favorable à l’idée d’ouvrir un camp où regrouper les réfugiés. Ce que réfute aujourd’hui une de ses collègues au Green Party, Helga Bardsdatter. Ils devraient selon elle  « être intégrés à la vie de Longyearbyen, sans être rassemblés dans un camp »La militante estime que la polémique est le fruit d’un emballement médiatique.

Six mois après, où sont les réfugiés ?

« Nous avons demandé au gouverneur si nous pouvions accueillir plus de réfugiés ici », affirme Helga Bardsdatter. Réponse d’Odd Olsen Ingero, représentant de l’Etat norvégien au Svalbard : « Chacun est libre de venir au Svalbard, tant qu’il paie son billet d’avion et trouve un emploi. » Pas de promesse. Le gouverneur rappelle les droits offerts par le traité du Svalbard qui permet aux citoyens de tous les pays signataires de s’installer sur l’archipel norvégien sans visa, ni permis de résidence. Seul impératif : subvenir à ses propres besoins. Les nouveaux habitants doivent également supporter des conditions de vie extrêmes : nuit polaire, quatre mois par an, températures négatives toute l’année. Dans cet archipel vivent 3 000 ours polaires pour 2 000 habitants. En septembre dernier, la maire de Longyearbyen, Christin Kristoffersen, déclarait que le manque d’équipements et d’institutions rendrait la vie des réfugiés impossible : « Nous n’avons pas de sécurité sociale, affirme l’élue. Nous ne pouvons pas leur offrir ce dont ils ont besoin. » Le message est passé : en 2016, aucun réfugié n’a encore été accueilli au Svalbard. Pas de camp à l’horizon.

Marie Albert
T'en veux encore ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *